ORIGINES

Issu de la rencontre de Martine De Nardi avec l’Aïkido et la Pédagogie Perceptive ® (voir les sites de CF3P et FéPAPP), l’Art Martial Sensoriel ® (AMS) est une synthèse de ces disciplines tout en développant une recherche spécifique sur la relation humaine sans prédominance au quotidien. Il est né en 1992 d’une recherche scientifique et humaniste profonde, et d’un questionnement : qu’est-ce qui éloigne l’être humain de son corps, de sa capacité d’action, de sa capacité relationnelle, de sa capacité d’adaptation, du sens de sa vie ? Et qu’est-ce qui l’en rapproche ?

Aïkido

L’Aïkido est un art martial japonais considéré par son fondateur, Morihei Ueshiba (1883-1969), comme un Art de la Paix. Il puise ses racines dans les arts martiaux traditionnels japonais ainsi que dans une réflexion profonde posant le sens d’une pratique martiale à notre époque.

L'Aïkido est une discipline de renommée internationale, qui repose sur l’unité du corps et de l’esprit. C’est une voie d’harmonie et de compréhension mutuelle, un chemin de non violence. Il se compose de techniques à mains nues et avec armes, utilisant la force et l’agressivité de l'adversaire pour la retourner vers lui. Ces techniques visent non pas à vaincre l'adversaire, mais à réduire sa tentative d'agression à néant. Dans l'Aïkido, il n'y a pas de compétition, mais un entrainement et un apprentissage continu à préserver autant la paix en soi qu’autour de soi. Le pratiquant est invité à devenir un guerrier de la paix.

Citations de Morihei Ueshiba :

« Le monde continuera de changer dramatiquement, mais les combats et la guerre finiront par nous détruire complètement. Nous avons besoin maintenant de techniques d’harmonie, et non de techniques de controverse. Nous avons besoin de l’Art de la Paix, et non de l’Art de la Guerre » (L’Art de la Paix, Ueshiba M., éd. Guy Trédaniel, p. 8).

« L’Aïkido est médecine pour un monde malade » (Shobu Aiki, Cauhépé J.-D. et Kuang A., éd. Guy Trédaniel, p. 73) « L’Art de la Paix commence avec vous. Travaillez sur vous-même et votre mission désignée, l’Art de la Paix. Chacun possède un esprit qui peut être affiné, un corps qui peut être entraîné de bien des manières… Cultivez la paix dans votre vie et appliquez-la vers tous ceux que vous rencontrez. » (L’Art de la Paix, Ueshiba M., éd. Guy Trédaniel, p. 13).

« Chaque Pratiquant doit être capable de faire face à n’importe quelle situation avec un grand esprit de protection et d’affection pour tous les êtres » (Témoignages sur l’Aïkido réunis par Strozzi Heckler, éd. Guy Trédaniel, p. 41)

« L’esprit de l’Aïkido est la sauvegarde de l’Amour. C’est le chemin de la paix. C’est la réalisation de l’Amour » (Shobu Aiki, Cauhépé J.-D. et Kuang A., éd. Guy Trédaniel, p.5)

« Ce que je vous enseigne est la Voie d’harmonie entre l’homme et l’Univers » (Ibid, p.37)

« Votre esprit devrait être en harmonie avec le fonctionnement de l’Univers. Votre corps devrait être en accord avec le mouvement de l’Univers. Corps et esprit ne devraient connaître de frontières, unis à l’activité de l’univers » (Ibid, p.39)

« Dans le véritable Aïki, le mouvement doit être effectué sans arrêt ni stagnation. Vous devez simplement respecter le rythme, en devenant l’axe de votre propre sphère » (Ibid, p.27)

« La vraie victoire est celle remportée sur soi » (Ibid, p. 66)

Pédagogie Perceptive ® (SPP)

L’appellation Pédagogie Perceptive ® se définit par :

  • somato désigne le corps, parce que cette approche nous apprend à ressentir notre corps plus finement ;
  • somato-psycho indique que cette méthode sollicite le lien entre le corps et le psychisme ; elle sollicite ce lien dans les deux sens : d’une part, en nous invitant à nourrir notre réflexion d’informations venant du corps ; d’autre part, en nous apprenant à reconnaître et à prendre en compte les effets de la pensée sur le corps ;
  • Pédagogie Perceptive ®, enfin, désigne le fait qu’il s’agit d’une pédagogie, c'est-à-dire d’une méthode qui nous invite à apprendre.

La Pédagogie Perceptive ® est donc une discipline qui étudie par quels moyens on peut apprendre et grandir en conscience à partir d’un vécu corporel plus riche et mieux ressenti ». (La Pédagogie Perceptive ® ou comment se former à l’intelligence du corps, Eve Berger, éd. Point d’appui, p.12)

En associant approche manuelle, expression gestuelle, introspection et technique d’entretien, la Pédagogie Perceptive ® constitue une méthodologie pour l’accompagnement de la personne en transformation. Son action participe à soulager douleurs physiques et souffrances psychiques, mais tend également à développer les capacités perceptives et expressives, ainsi qu’à relancer les processus d’apprentissage et de réflexion chez les personnes en perte de sens et de signification dans leur vie.

Elle a été fondée par Danis Bois, docteur en sciences de l’éducation, agrégé en Psychopédagogie perceptive et professeur cathédratique en Sciences Sociales à l’Université Fernando Pessoa de Porto au Portugal, où il dirige le Centre d’Etude et de Recherche Appliquée en Psychopédagogie perceptive (CERAP).

Citations de Danis Bois :

« Ce sont les signes annonciateurs, la plupart du temps imperçus, qui intéressent au premier chef le somato-psychopédagogue. Les prendre en compte permet souvent de freiner et même d’enrayer les processus d’installation du mal-être. […] Je distingue ainsi quatre réactions ou comportements que le somato-psychopédagogue se doit de toujours repérer : la perte de la capacité à prendre du recul, le sentiment d’incompréhension face à sa vie, le sentiment de rupture avec ses élans les plus profonds, enfin la perte de repères » (Le moi renouvelé, Introduction à la Pédagogie Perceptive ®, Bois D., éd. Point d’Appui, p. 207 - 208)

«  À force de tenter de compenser son mal-être, la personne s’épuise. La fatigue peut être en relation avec une perturbation du sommeil, mais, plus largement, elles cachent souvent une ébauche de démotivation. C’est le corps qui réclame de nouvelles dispositions de vie » (Ibid, p. 221)

« La Pédagogie Perceptive ® a comme objectif d’enseigner aussi au patient comment être capable d’empathie. Et avant tout envers lui-même » (Ibid, p. 138)

« Le geste lent m’apparut très vite comme la condition première pour développer la perception du corps » (Ibid, p. 79 - 80)

« J’ai appris progressivement la grammaire particulière du langage gestuel, où une orientation indique un choix, ou une amplitude marque les contours d’un espace de liberté, où un rythme exprime une envie profonde, où la globalité signe l’engagement… » (Ibid, p. 84)

« La rencontre avec la résistance doit-elle forcément être une guerre qui appelle un vainqueur et un vaincu ? Ne peut-on envisager un autre mode de relation avec la résistance, dans lequel elle serait un appui et non un adversaire, un tremplin sur lequel se propulser et non un mur contre lequel se buter ? La résistance deviendrait alors le moyen de devenir nous-même résistants, de mobiliser nos ressources intérieures pour rebondir sur les évènements qui autrement nous frappent, nous fatiguent et grignotent notre joie de vivre. A la résistance des événements extérieurs répondrait ainsi une résistance interne, née de notre propre corps comme une réponse à l’environnement. » (Un effort pour être heureux, Bois D., éd. Point d’Appui, p. 74 - 75)